Les certifications dans le café aujourd’hui

Dans un monde idéal, nous achèterions du café de sources fiables afin d’en garantir la qualité, mais également pour nous assurer que les cultivateurs gagnent suffisamment d’argent pour mener une vie décente (en leur permettant, par exemple, d’envoyer leurs enfants à l’école).

Au Sommet de la Terre de Rio en 1992, l’Humanité a commencé à prendre conscience de l’impact de la consommation de masse sur l’environnement. Depuis, l’industrie agroalimentaire a généré des montagnes de labels et de certifications pour rassurer les consommateurs sur les normes de production. Tous revendiquant leur appartenance au commerce équitable ou leur soutien au développement durable. Près de 40 ans plus tard, il y a une grande variété de labels qui circulent. D’où, cette tentative de clarification.

Ethiopian Landscape Coffee farmers

La chaîne du café a besoin de plus de transparence

« Bio », « Commerce équitable », « Ecocert », « Rainforest Alliance » et tant d’autres… Il y a tellement de labels associés au café qu’il est devenu difficile de comprendre ce que nous achetons réellement. Que signifient-elles vraiment ? Quel est leur impact sur la vie des caféiculteurs dans les pays producteurs de café ? Quel est leur impact sur les prix du café ?
Telles sont quelques-unes des questions sur lesquelles nous nous sommes penchés et que nous partageons ici avec vous. Nous expliquons également nos engagements et notre contribution pour rendre la chaîne du café plus durable pour les caféiculteurs et en quoi ils permettent de garantir la meilleure qualité pour les consommateurs de café.
Tout d’abord, il y a une première distinction à faire entre commerce équitable et développement durable.
Les producteurs qui paient pour la certification du commerce équitable se voient garantir un prix minimum pour leur café – qui ne peut jamais tomber en-dessous du prix du marché – et une prime supplémentaire à investir dans leurs communautés.

De plus, le système de commerce équitable garantit un prix minimum pour les producteurs, mais pas une qualité minimum – un café labellisé Commerce Equitable peut donc souvent être de moins bonne qualité. Par conséquent, les prix du marché peuvent souvent être supérieurs au prix minimum garanti via le label Fairtrade, car les acheteurs de café achètent en fonction de la qualité au prix du marché. De plus, le système du commerce équitable offre souvent très peu de sécurité à ses agriculteurs, qui sont piégés par le système.
Par conséquent, le commerce équitable n’offre pas de sécurité à long terme pour aider les plus pauvres à mieux gagner leur vie. Parce que si les prix du marché augmentent, par exemple, ils ne leur sont pas profitables. Les profits sont souvent concentrés uniquement autour de certains producteurs soigneusement sélectionnés dont la production croît au point de pouvoir concurrencer de façon déloyale leurs voisins.

Le commerce équitable a été accusé par beaucoup d’être un exemple du système de bien-être de la société occidentale, qui retarde la modernisation des économies en développement grâce à une technique de commercialisation simple. Ici, vous pouvez trouver un article sur cette partie injuste du concept du Commerce Equitable.

Pour ce qui est du développement durable, l’objectif est une meilleure rémunération pour une qualité supérieure. En fait, tous les avantages d’un meilleur prix sont réinvestis dans l’éducation, la formation et les outils pour améliorer la qualité des produits. De plus, l’ensemble de la chaîne, du grain de café à la tasse, utilise le moins d’intermédiaires possible. Ajoutons que, les travailleurs sont des employés et leurs droits sont respectés, l’environnement est préservé, les primes servent à financer des projets communautaires et la solidarité, au lieu de la concurrence, entre agriculteurs et producteurs. Bien que l’approche semble être la même, les résultats sont plus tangibles et plus traçables, nous savons donc exactement d’où viennent nos grains et par où ils passent.

Comprendre quelques uns des ces labels:

Ecocert

A été créé en France en 1991. Organisme de contrôle et de certification, spécialisé dans la certification des produits issus de l’agriculture biologique. Est entré chez Bio Partenaire en 2009.
Depuis 2009, le référentiel Bio Partenaire est dédié au commerce équitable et les labels ESR (Contrôlé Responsable/Commerce Equitable ou Solidarité d’Ecocert) . Présent dans 90 pays.

Bio Partenaire

Société française, créée en 2000, tout d’abord composée du label Bio Equitable.
Il regroupe 20 000 producteurs en 18 organisations et composé de Bio Solidaire créé en 2007 ; le premier label de commerce équitable pour les relations commerciales Nord-Nord (USA/EU). Il regroupe 300 producteurs dans 17 organisations.
Bio Partenaire est une association créée en 2002, réunissant des PME du secteur biologique et du commerce équitable (26 sociétés et 65 organisations de producteurs – soit 20 300 producteurs).

Fair Trade Max Havelaar

Commencé en 1988. Premier label de commerce équitable, créé par une agence de développement néerlandaise, Solidaridad. Le plus célèbre au monde.
Depuis 2005, non seulement les coopératives peuvent bénéficier du label, mais aussi les producteurs individuels.
Étiquette de consommation responsable.
Depuis 2010, 50 % des producteurs sont impliqués dans la gouvernance des instances représentatives et décisionnelles.

Rainforest Alliance

ONG fondée en 1986, elle a lancé son premier programme de foresterie durable en 1989. Elle a conduit à la création du premier label géré conjointement par le Sustainable Agriculture Network (SAN) et Rainforest Alliance. 39 matières premières certifiées (café/cacao/thé/banane/rooibos…). Certification accordée pour 3 ans. Traçabilité physique et documentaire exigée. Présent dans 101 pays, 77 millions d’hectares certifiés.
Membre Alliance ISEAL, est l’association mondiale des membres pour des normes de durabilité crédibles.

UTZ Certification

Utz Kapeh (un bon café en Maya)

Inauguré en 1999, au Guatemala et en 2002 aux Pays-Bas.
Au départ, le souhait était de promouvoir la qualité durable du café mais plus tard, il s’est ouvert à d’autres matières premières. Présent dans 34 pays, 1,5 million d’hectares certifiés. Traçabilité physique et documentaire exigée. Élaboration d’un code de conduite pour la culture du café basé sur les « Bonnes pratiques agricoles » EUREP-GAP (série de normes de traçabilité et de sécurité alimentaire, au niveau mondial, pour la production agricole et aquacole)

4C Association

Code commun pour la Communauté du café, entré en vigueur en 2006.
De 2004 à 2006 : définition des règles pour les producteurs, les commerçants et les industriels.
290 membres (producteurs/négociants/industriels/représentants de la société civile/syndicats d’ONG)
Traçabilité documentaire et physique requise.
La matière première certifiée est le café vert en grains.
Membre de l’Alliance ISEAL, l’association mondiale des membres pour des normes de durabilité crédibles.

Chez Jones Brothers Coffee, nous avons choisi le Commerce Direct et UTZ

Richard Jones cueillant des grains de café Abakundawa women's coffee cooperative

– UTZ Certifié –

« Nous croyons qu’il s’agit des programmes de certification les plus équitables avec de bonnes intentions en matière de développement durable. » – Richard Jones

Nous utilisons la certification UTZ pour nos cafés premium car elle s’inscrit dans une vision durable, sans être exorbitante pour les petits producteurs.
UTZ utilise deux façons d’agir : l’adaptation et l’atténuation (pour réduire l’impact négatif).
Il n’y a pas de manipulation artificielle des prix.
Un prix équitable est défini, une demande au plus petit nombre d’intermédiaires possible, une priorité pour les chaînes d’approvisionnement courtes.
De plus, UTZ permet une amélioration des techniques d’exploitation, a des programmes de formation pour les agriculteurs, une volonté d’améliorer leurs conditions de travail et la préservation de l’environnement.
A travers ces programmes, UTZ encourage une augmentation de la quantité de matières produites, ce qui permet une meilleure rentabilité.

Regardons en détail ce que l’UTZ apporte pour les processus de production des caféiculteurs:

En pratique, les producteurs sont formés à :
mieux gérer leur production et réduire leur impact environnemental,

mettre en place des systèmes d’irrigation et de traitement de l’eau afin de la recycler pour une meilleure gestion des eaux usées. Les eaux usées peuvent également être transformées en énergie renouvelable, utilisée par les familles pour leurs poêles ou leurs machines agricoles,

s’adapter au changement climatique pour réduire leur impact sur l’environnement,

réduire leur consommation d’eau,

utiliser du compost pour une meilleure fertilisation des sols, ou des digesteurs de biogaz. Par exemple, au Honduras, l’eau a réduit son niveau de contamination de 81,6 % grâce à cette méthode,

planter des arbres d’ombrage ou des haies brise-vent sous de fortes pluies, comme les bananiers ou les avocatiers. Ce système de permaculture apporte de la diversité aux cultures et permet également aux agriculteurs d’obtenir des revenus d’autres productions,

tenir un registre des précipitations,

de s’organiser pour de meilleurs échanges entre eux.

– Direct Trade –

Quel usage?

Le commerce direct est utilisé exclusivement pour les cafés de spécialité, c’est ainsi que nous nous approvisionnons pour nos gammes « cafés de spécialité ».

Principalement utilisé par les torréfacteurs, le commerce direct est une véritable relation entre le producteur et l’acheteur. L’offre se construit par une relation directe avec les agriculteurs. C’est une alternative plus juste au commerce équitable. Ce type de relation établit une véritable éthique dans les affaires qui sont mutuellement bénéfiques. Elles sont plus transparentes et plus respectueuses.

Le commerce direct élimine les limites du commerce équitable en :

payant un prix plus élevé aux agriculteurs en liant leurs primes à des normes de qualité spécifiques

générant plus de confiance et de transparence dans la chaîne d’approvisionnement grâce à des relations personnelles (négociation des prix / échanges d’informations)

éliminant des coûts liés à l’adhésion d’une entreprise de commerce équitable.

Ce type de commerce valorise un lien direct, sans intermédiaire, ce qui signifie que la valeur créée est plus équitablement répartie entre les deux parties. Elle permet d’améliorer la qualité, lie le succès des entreprises au progrès social, encourage l’éducation et la formation pour créer de la richesse d’une manière durable, à long terme, indépendante et par leurs propres moyens. Et surtout, ce n’est pas de la charité !

Quel intérêt pour nous?

Le principal avantage pour nous, en tant que petite entreprise caféière indépendante, est de pouvoir créer des relations commerciales directes avec des agriculteurs, ou des coopératives que nous connaissons personnellement et de pouvoir comprendre le type d’organisation dont dispose le producteur, son utilisation ou non de pesticides et d’OGM, les conditions de travail des travailleurs migrants, leur gestion des eaux usées et leur utilisation des arbres d’ombre.

Rwanda women in coffee